Changement climatique : 5è rapport du GIEC

Le 5è rapport du GIEC réitère que des changements climatiques sont en cours, et souligne que la responsabilité des activités humaines n’a jamais plus clairement été démontrée. Ce premier volume du rapport, consacré aux éléments physiques du climat, fait le point sur les aspects scientifiques du système climatique. Il présente des nouveautés sur le plan méthodologique et s’appuie sur 4 scénarios en proposant des projections à court, moyen et long terme.

 

Le 27 septembre dernier les scientifiques du GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et les représentants gouvernementaux se sont réunis à Stockholm pour présenter et valider le 1er volet du 5e rapport sur le changement climatique. Ce 1er volume, consacré aux éléments physiques du climat, évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l'évolution du climat. Au total, 9200 études ont été passées en revue par des scientifiques de 40 pays. Il fournit aux décideurs et au grand public un état des connaissances sur le changement climatique. Un Résumé pour décideurs de 22 pages, concentré des informations apportées par le rapport, fait le lien entre scientifiques et politiques et servira de base aux futures actions politiques en matière de changement climatique.

 

Deux autres volets seront publiĂ©s courant 2014 : « impacts, adaptation et vulnĂ©rabilitĂ© Â» en mars suivi de «  attĂ©nuation des changements climatiques Â» en avril. Cette 3ème partie concernera les politiques et mesures Ă  mettre en place pour maintenir la hausse des tempĂ©ratures sous la barre des 2°C. Le rapport de synthèse sera lui publiĂ© en octobre.

 

Une nouvelle méthodologie

 

Alors que le précédent rapport s’appuyait sur 6 scénarios basés sur des postulats socio-économiques pour en conclure différents niveaux d’émission de gaz à effets de serre, le nouveau rapport ne comporte plus que 4 scénarios, établis selon une nouvelle méthodologie afin de réduire les incertitudes dans les projections climatiques. Les quatre scénarios proposés pour établir ces projections correspondent chacun à une concentration atmosphérique en CO2 ayant un impact sur l’effet de serre et donc le climat.

 

Une autre des nouveautés du rapport est de proposer des prévisions à court terme (2016-2035 et 2046-2065) venant s’ajouter aux projections à moyen terme (2100). Il intègre aussi des projections à très long terme, soit à l’horizon 2300.

 

Ce nouveau rapport prĂ©sente des nouveautĂ©s sur le plan mĂ©thodologique, mais il rĂ©itère toutefois que les changements climatiques sont en cours, et souligne que la responsabilitĂ© des activitĂ©s humaines n’a jamais Ă©tĂ© plus clairement dĂ©montrĂ©e. Ainsi le niveau de certitude concernant le lien entre activitĂ©s humaines et accroissement des tempĂ©ratures a augmentĂ© grâce Ă  de nouveaux modèles scientifiques : jugĂ© « probable Â» en 2001, puis « très probable Â» en 2007, il est aujourd’hui estimĂ© Ă  « extrĂŞmement probable Â» (+95% de chances).

 

Ce que dit le rapport…

 

… sur les températures

 

La température moyenne mondiale a augmenté de 0.85°C entre 1880 et 2012. Chacune des 3 dernières décennies a été plus chaude que la précédente et que toutes les autres décennies depuis 1850. 2001-2010 a été la décennie la plus chaude depuis cette date. La période 1983 – 2012 a probablement été la plus chaude depuis 1400 ans.

 

Si depuis 1850, les 10 annĂ©es les plus chaudes ont eu lieu après 1998, on constate depuis cette date que les tempĂ©ratures augmentent moins vite que prĂ©vu. Le rĂ©chauffement climatique n’est pas un phĂ©nomène continu car il est soumis Ă  des variabilitĂ©s annuelles, et c’est la hausse globale des tempĂ©ratures depuis 30 ans qu’il faut constater, couplĂ©e Ă  des phĂ©nomènes tels que l’augmentation du niveau des mers, l’acidification des ocĂ©ans… Une des explications avancĂ©es par les scientifiques pour expliquer ce phĂ©nomène de « ralentissement Â» de la hausse des tempĂ©ratures est l’absorption d’une partie de la chaleur par les masses ocĂ©aniques.

 

Selon les diffĂ©rents scĂ©narios, la tempĂ©rature moyenne Ă  la surface du globe devrait augmenter de 0.3 Ă  4.8 °C d’ici 2010. Cette Ă©lĂ©vation des tempĂ©ratures conduira Ă  des Ă©vènements climatiques extrĂŞmes de plus en plus frĂ©quents et violents : fortes pluies, sĂ©cheresses…

 

... sur les précipitations

 

Le niveau de confiance concernant l’augmentation des prĂ©cipitations est plus faible que dans le 4è rapport et cette tendance est jugĂ©e « pratiquement certaine Â». Les rĂ©gions humides seront plus humides et les zones sèches plus sèches.

Tout comme les précipitations, les certitudes concernant l’augmentation des sécheresses et l’intensification des cyclones tropicaux sont plus faibles que dans le 4è rapport.

 

... sur la cryosphère

 

Le volume de la cryosphère (ensemble des eaux en phase solide) diminue depuis les annĂ©es 1990 : fonte de la calotte glaciaire, diminution de l’extension moyenne de la banquise (11% par dĂ©cennie entre 1979 et 2012) et, depuis les annĂ©es 60, rĂ©duction de la couverture neigeuse (11.7% en juin par dĂ©cennie). Entre 1980 et 2000, les tempĂ©ratures dans les rĂ©gions Ă  pergĂ©lisol ont augmentĂ© (+3°C en Alaska et +2°C en Russie).

 

Dans tous les scénarios, la cryosphère fond d’ici 2100 (94% de la banquise arctique dans le pire scénario, 43% dans le meilleur des cas). La disparition du pergélisol libérera de grandes quantités de CO2 et de méthane, entraînant une boucle de rétroaction.

 

... sur le niveau de la mer

 

Le niveau moyen de la mer s’est Ă©levĂ© de 19 cm entre 1901 et 2010, et ce phĂ©nomène s’accĂ©lère : il est deux fois plus rapide depuis 20 ans par rapport au siècle dernier (1.7 mm/an entre 1901 et 2010 contre 3.2mm/an entre 1993 et 2010).

Les nouvelles modélisations et observations récentes permettent de conclure à une augmentation de l’impact de la fonte du Groenland et de l’Antarctique sur l’élévation du niveau des mers. Tous scénarios confondus, celle-ci est située entre 29 et 82 cm d’ici la fin du 21è siècle. Une personne sur 10 serait touchée dans le monde, soit 600 à 700 millions de personnes.

 

L’objectif partagé par la communauté internationale est de stabiliser ce réchauffement sous le seuil des 2°C. Au-delà de ce seuil, les scientifiques n’excluent pas un effet d’emballement et des impacts irréversibles et imprévisibles actuellement. Un seul des scénarios proposés par le GIEC permettrait de maintenir le réchauffement sous le seuil de 2°C. Cela implique une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de 10% par décennie (en 2011, les émissions de GES ont augmenté de 3%).

Dans le scénario le plus pessimiste, les températures pourraient augmenter de +5.5°C d’ici 2100.

 

Sources :

Site du GIEC : http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml#.UlP8JPKUv_F

Site du RĂ©seau Action Climat France : http://leclimatchange.fr/